Faire sa carrière en relations de presse

Par Zoé Lecavalier



Tel qu’expliqué dans l’article Les relations de presse, c’est comme les relations publiques : de la publicité!, les relations de presse sont un sous-domaine des relations publiques. Ayant pour but d’augmenter la visibilité d’une organisation, d’un produit ou d’un service, les professionnels des relations de presse concentrent leurs activités dans la sphère médiatique.


Tâches en relations de presse


Pour attirer leur attention et obtenir une mention, une chronique ou une entrevue, les relationnistes de presse travaillent de pair avec les journalistes, les recherchistes, les chefs de nouvelles, les animateurs, les chroniqueurs, etc. Dans cette optique, le relationniste peut :


· Communiquer par écrit (majoritairement des courriels), par téléphone ou par visioconférence (les rencontres en face-à-face sont plutôt rares) avec les médias ;

· Inviter des médias à des événements, puis les accueillir ;

· Organiser et prendre part à des événements médiatiques (conférence de presse et autres) ainsi qu’à des événements publiques (festivals, spectacles, célébrations variées, etc.) ;

· Agir à titre de porte-parole pour une organisation ;

· Inscrire les demandes d’entrevue à l’horaire du porte-parole ;

· Prévoir des suivis et des relances ;


Bien que ces tâches résument une partie importante de la stratégie de relations de presse, la préparation d’un relationniste ne doit pas être sous-estimée. Avant de pouvoir contacter les médias, le professionnel des communications doit :


· Chercher des médias spécialisés ;

· Établir une liste de médias à contacter et la tenir à jour ;

· Rédiger des communiqués de presse ;

· Préparer un argumentaire valorisant l’entreprise, le produit ou le service promu ;

· Faire du coaching médiatique avec le porte-parole ou le client, c’est-à-dire préparer une personne à répondre aux médias adéquatement ;

· Préparer des envois postaux, donc un exemplaire du produit (livre, album musical, jeu de société, etc.) avec une copie du communiqué de presse ;

· Constituer un dossier de presse, soit l’ensemble des informations pertinentes pour les journalistes ;


Ensuite, la réussite de la stratégie de relations de presse est évaluée. Sans tenir compte de l’envergure de la campagne déployée, le stratège veille à :


· Faire une revue de presse régulière ;

· Compiler toutes les mentions de l’entreprise, du produit ou du service faites dans les médias et partager le tout avec les personnes concernées (généralement le client) ;

· Entretenir ses relations avec les médias (les remercier lorsque nécessaire, par exemple) ;


Enfin, une portion des relations de presse doit être effectuée en continue, puisque les médias peuvent diffuser des nouvelles à toute heure de la journée et n’importe quel jour de la semaine. Pouvant mener à une crise réputationnelle, toute mention négative de client dans les médias doit être appréhendée et évaluée. En ce sens, le relationniste doit toujours être au vent de l’actualité et, plus spécifiquement, des sujets qui concernent ses clients. Être joignable presque en tout temps est aussi une exigence de cet emploi. Cette précaution se révèle efficace pour réagir rapidement en cas de crise ou de problème technique lors d’une entrevue d’un client.


Aptitudes nécessaires


Pour atteindre ses objectifs, la personne chargée des relations de presse doit posséder certaines qualités. Les compétences les plus importantes pour faire des relations de presse son métier sont :


· L’entregent, ce qui pourrait être définit comme la capacité à entretenir des relations ;

· Les capacités rédactionnelles et d’expression orale, soit un usage adéquat de la langue écrite et parlée;

· La créativité ou le sens de l’innovation ;

· La flexibilité ou la capacité d’adaptation ;

· Le sens analytique ou la capacité de synthèse ;

· L’influence et la conviction, qui passent souvent par la capacité à argumenter ;

· L’organisation et la gestion des priorités ;

· L’empathie, c’est-à-dire la capacité de se mettre à la place de l’autre ;


Formation

Le domaine des communications n’étant toujours pas professionnalisé, n’importe qui peut y être engagé. Ceci dit, les employeurs indiquent couramment qu’un diplôme de niveau universitaire (ou l’équivalent) est exigé.

Au Québec, la plupart des universités offrent le baccalauréat en communication et certaines proposent plusieurs parcours plus spécialisés. Par exemple, la Faculté de communication de l’UQAM a mis sur pied 12 programmes de baccalauréat alors que le Département de communication de l’Université de Montréal n’en compte que 2. Néanmoins, les parcours académiques développés par ces écoles comportent leurs différences. Ainsi, un diplôme en communications, relations publiques peut être favorable pour quelqu’un qui souhaite se concentrer dans cette catégorie, mais il pourrait aussi être nuisible à la carrière d’un autre plus généraliste.

Pour résumer, les relationnistes étudient généralement jusqu’au 1er cycle universitaire afin d’obtenir un baccalauréat. Ce niveau d’éducation étant priorisé par les employeurs, l’étudiant doit choisir à travers la multitude de possibilités mise de l’avant par divers organismes. Heureusement, la versatilité des communications suggère fréquemment de nouvelles avenues.

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Conditions de travail

Salaire

Selon les données du site IMT d’Emploi-Québec, le salaire horaire moyen (2018-2020) des professionnels en publicité, en marketing et en relations publiques suivait cette tendance :

Minimum[1]19,23 $

Médian[2]31,25 $

Maximum[3]50,00 $


Parallèlement, en 2015, le salaire annuel moyen de ces professionnels était évalué à 55 000 $.


Horaire

L’horaire d’un stratège de presse est sensiblement le même dans tous les champs d’activité : 35 à 40 heures par semaine, du lundi au vendredi. Toutefois, il doit être joignable la quasi-totalité du temps et présent à certains événements qui sortent de ce cadre. Nécessairement, certains milieux en orchestrent plus que d’autres, donc dérogent à cette norme. Somme toute, le secteur dans lequel se spécialise le travailleur joue le plus grand rôle sur cette condition.


Environnement

Conformément aux particularités du domaine, les relationnistes travaillent, de manière générale, assis, avec un ordinateur et dans un bureau. De nos jours, le virtuel a gagné en popularité sans enlever toute la gloire au présentiel. Plusieurs gagnent leur vie en télétravail, d’autres, en mode hybride et certains, en présentiel. En d’autres mots, le secteur d’activités choisi par le relationniste a des impacts sur ses conditions de travail de la même façon que le choix d’employeur lui offre différents avantages.


Dans le milieu culturel, la présence aux événements est une part importante des tâches en relations de presse. Effectivement, il est de la responsabilité des professionnels de la communication d’être sur les lieux pour accueillir les médias, les personnalités de marque ainsi que les invités. Les relations interpersonnelles qu'entretiennent ces stratèges sont à la base de leur emploi, puisqu’elles influencent la sélection des nouvelles présentées dans les médias. Elles doivent donc être entretenues, ce qui peut être facilité par des rencontres et des festivités. De surcroit, les connaissances et le statut de ces employés leur infèrent le devoir de répondre à toute question pouvant leur être posée. Enfin, en cas de situation dramatique (la mort d’un participant par exemple), ils sont les mieux placés et les mieux formés pour rétablir les faits et gérer la crise. À l’inverse, dans le domaine scientifique, il y a bien moins d’événements, mais les relationnistes y assistent aussi.


Assurances collectives, fonds de pension, vacances : toutes des variables qu’un employeur peut offrir ou non à ses employés. Aujourd’hui, la possibilité de faire et la fréquence du télétravail sont subjectives à chaque supérieur. Il est à noter que certaines périodes peuvent mener à une présence plus fréquente sur le lieu de travail et que certaines entreprises favorisent le travail d’équipe en face-à-face. Ainsi, il est important de prendre en considération toutes les conditions de travail avant d’accepter un emploi.


Code vestimentaire

En général, la tenue professionnelle est de mise, bien qu’aucune règle stricte ne l’impose. Encore, ce critère varie d’une organisation à l’autre et d’un secteur d’activités à un autre. Par contre, il est important que l’apparence physique du relationniste reflète le professionnalisme qui le légitimise. En ce sens, l’habillement certes, mais l’hygiène, la coiffure, les bijoux, les accessoires et même le maquillage pourraient être encadrés ou proscrits par certains employeurs. Heureusement, les normes d’aujourd’hui sont plutôt souples : la couleur des cheveux, le port de piercings ou le fait de montrer ses tatouages sont acceptés. De même, l’habillement peut divaguer des classiques tailleurs ou complets mornes, surtout en télétravail ou si aucun client ne nous voit. Pour terminer, la variabilité du métier de relationniste impose une adaptation à chaque situation. Ainsi, certaines journées permettent des vêtements réguliers tandis que d’autres requièrent un habit de soirée.


Marché du travail

Taux de placement

Au Québec, les perspectives d’emploi en 2019-2023 pour les professionnels en publicité, en marketing et en relations publiques sont bonnes[4]. En effet, 25 000 personnes étaient en emploi dans ces secteurs en 2018 selon les données du site IMT d’Emploi-Québec.


Types d’organisation

Les communications occupant une place grandissante dans les priorités des entreprises, les stratèges médiatiques peuvent exercer dans :

· Une agence de communication, de publicité/marketing, de relations de presse ;

· Un organisme à but lucratif (une compagnie) ;

· Un organisme à but non lucratif ;

· Un organisme public (ville, ministère, gouvernement, etc.) ; et

· Un organisme parapublic (SAQ, Hydro-Québec, Radio-Québec, etc.).


Champ d’activités

Tel que mentionné précédemment, plusieurs caractéristiques de l’emploi en dépendent et les tâches en sont directement affectées. En fonction de ses intérêts, le relationniste peut se spécialiser dans le secteur :

· Culturel ;

· Sportif ;

· Politique ;

· Gastronomique ;

· Philanthropique ;

· De la santé ;

· Du style de vie ;

· Technologique ;

· Des affaires ;

· Scientifique ;

· Environnemental ;

· Et plusieurs autres.


Association professionnelle

Le domaine des communications n’étant pas professionnalisé, il n’existe pas d’Ordre qui le règlemente. À l’instar de ce manque, des associations professionnelles établissent les normes du métier. En relations de presse, il existe la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) ainsi que la Société canadienne des relations publiques (SCRP), puis d’autres à l’international. Ces organismes ont défini un code d’éthique afin que leurs membres et cette profession en elle-même conservent une légitimité morale. Pour y arriver, les personnes désirant devenir membre doivent aussi réussir un examen afin de démontrer qu’elles connaissent minimalement les relations de presse, les valeurs du milieu ainsi que les comportements inacceptables. Une fois cette base établie, les nouveaux membres accèdent à certains titres officiels (comme les avocats ont le titre de Maître). Les débutants et les intermédiaires peuvent signer en tant que professionnel des relations publiques (PRP) alors que ceux avec plus d’expérience peuvent y ajouter un agrément en relations publiques (ARP). En plus de ce rôle, ces regroupements offrent des avantages à leurs membres comme des opportunités de réseautage, du développement professionnel, des prix de reconnaissance et bien plus.

[1] Le salaire minimum correspond au premier décile, soit le salaire qui marque la séparation entre les salaires des 10 % des salariés les moins bien payés et les autres. Cette valeur est un bon indice des salaires d’entrée sur le marché du travail. [2] Le salaire médian est le salaire qui divise en deux parties égales l’ensemble des salaires de la population en emploi. [3] Le salaire maximum correspond au dernier décile, soit le salaire qui marque la séparation entre les salaires des 10 % des salariés les mieux payés et les autres. Cette valeur est un bon indice des salaires les plus élevés offerts dans une profession. [4] Les probabilités de trouver un emploi sont dites bonnes lorsqu’il est estimé que, pour la période analysée, le nombre de travailleurs disponibles est suffisant pour répondre aux besoins des employeurs (contexte d’équilibre entre l’offre et la demande de main-d’œuvre). Ainsi, pour une personne disposant des compétences requises ou qui les acquerra, les possibilités d’obtenir un emploi dans la profession sont élevées. Cependant, cela ne doit pas être interprété comme une garantie d’emploi. Pour les employeurs, de bonnes perspectives d’emploi signifient que le recrutement et la rétention de travailleurs se font en général sans obstacles importants, étant donné le nombre de travailleurs disponibles.

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